Entre voyages, écriture et images, mon humeur vagabonde. Rejoignez-moi sur ces chemins de traverse où les mots et la couleur s’entrecroisent.
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La canicule de juillet m’a remis en mémoire l’un de mes plus beaux voyages dans le sud des États-Unis :
Il y a quelques années, j’ai réalisé un périple au départ d’Albuquerque, au Nouveau-Mexique.
Seule au volant d’une petite voiture, j’ai parcouru la « Turquoise trail » (la route des mines de turquoises) qui mène à Santa Fe et Madrid, avant de partir à la rencontre des Indiens Navajos au pueblo de Taos, puis de réaliser un long périple en Arizona.
Ce texte d’auto fiction, écrit après ce voyage, mêle faits réels et imaginaires.
MADRID, Arizona
Depuis une heure déjà, la route serpente, flanquée sur ses côtés d’étendues de sable, blanchies par la chaleur. J’appuie avec prudence sur l’accélérateur. Ces voitures automatiques ont la fâcheuse habitude de passer les vitesses plus vite qu’on ne le voudrait.
Au bureau de location, j’avais pu suivre toutes les recommandations que rabâchait le loueur à chacun de ses clients. Il parlait fort, moulinait l’air de ses deux mains en agitant négligemment des formulaires pliés en éventail.
Il faisait chaud déjà. Une pendule à quartz à double cadran affichait : 8 h / 35°.
Nous étions quatre à faire la queue : deux hommes d’affaires en complet gris, santiags aux pieds et le Stetson local vissé sur la tête. Ils portaient chacun une petite sacoche de cuir rouge avec une tête d’indien embossée sur le rabat et de longues franges qui dégoulinaient sur les côtés. Le troisième client, un Japonais, la poitrine bardée de deux Nikon et d’un sac reporter en nylon noir, mâchonnait nerveusement un bâton de réglisse.
« Elle va où la p’tite dame, et elle veut quoi comme voiture ? » lança le loueur qui s’était affalé dans un fauteuil, dénouant l’une après l’autre ses longues jambes sur le rebord de son bureau.
L’un des hommes d’affaires enleva prestement son chapeau, qu’il accompagna d’une œillade canaille, tandis que son comparse affichait un sourire narquois. Le Japonais mordit encore plus rageusement dans son bâton de réglisse.
J’étais passée devant les trois hommes et me retrouvais nez à nez avec les bottes du loueur. Je ne quittais pas des yeux les embouts de métal ciselé qui brillaient sur le cuir gras des santiags. De ces extrémités montaient des effluves d’arrière-cour et dans un haut-le cœur, j’ânonnai :
« Je vais en Arizona. Je voudrais une petite voiture », puis j’ajoutai « climatisée s’il vous plait ! »
J’étais sortie promptement pour échapper au regard soupçonneux des quatre types, serrant entre mes doigts la clé de contact de la petite Ford. Elle avait bien roulé jusqu’à présent, avalant des kilomètres de désert où dormaient en sentinelles les troncs ajourés des cactus. Et voilà que maintenant, le rêve de fraîcheur me lâchait. La climatisation semblait grippée, malade à vomir de chaleur.
Midi déjà ! Sur mes mains dansent les rayons du soleil. Brûlants. 50° à me mordre la peau, la couvrir de zébrures. La fournaise extérieure commence à m’empâter la bouche. Il me faut à tout prix trouver un garage avant la nuit, un motel aussi et boire à grandes gorgées des litres de thé glacé.
La première maison que j’aperçois semble bailler la gueule ouverte. Je me demande qui a pu arracher la porte et les fenêtres, en laissant pendouiller des tripes de rideaux. Une petite brise agite ces lambeaux, léchant tour à tour les planches disjointes qui maintiennent tant bien que mal un toit de rondins.
Au coin de la maison, cinq boites aux lettres sont alignées en rang serré. De forme allongée, pareilles à des tuyaux sciés en deux, les mangeuses de courrier semblent pleurer sous leurs couleurs fanées.
Une vieille pancarte clouée sur un poteau de sapin émerge du talus. Je ralentis, hésite à m’arrêter et dépouille d’un œil rapide un nom grignoté par la rouille… « MADRID, Nouveau- Mexique ».
Je relis, répète ce nom…. « MADRID » ! Comme je suis loin de la splendeur hispanique !
Denise Crolle-Terzaghi
Niché à la frontière allemande, au coeur de la ville alsacienne de Neuf-Brisach dans les remparts de la forteresse de Vauban, construite entre 1698 et 1704, le MAUSA, musée d’art urbain et de Street art est un lieu atypique. Haut en couleurs, dédié à l’art urbain, il a ouvert ses portes en juillet 2018. Depuis cette date, des artistes de Street art reconnus dans le monde entier, investissent le lieu et couvrent les murs de leurs oeuvres.
Un dessin géant sur la façade d’un immeuble annonce le musée. Suivez le chemin le long de la cour herbeuse et pénétrez dans les remparts par la demi porte cintrée.
Le MAUSA est un musée vivant. Il n’est pas rare d’y croiser un artiste juché sur une échelle avec une bombe de peinture en main . Parmi les nombreuses oeuvres colorées qui habillent l’espace, vous pourrez découvrir, entre autres, celles de Charles Uzzell Edwards, Aka Pure Evil, graffeur Anglais, Ben Eine, de son vrai nom Ben Flynn, graffeur Londonien,Christian Guémy, artiste urbain pochoiriste parisien, Denis Meyers, artiste urbain Belge, ou encore Charles Leval, alias Levalet, artiste de Street art Français.
A giant drawing on the facade of a building announces the museum. Follow the path along the grassy courtyard and enter the ramparts through the half arched gate.
The MAUSA is a living museum. It is not uncommon to come across an artist perched on a ladder with a spray can in hand. Among the many colorful works that adorn the space, you can discover, among others, those of Charles Uzzell Edwards, Aka Pure Evil, English graffiti artist, Ben Eine, whose real name is Ben Flynn, London graffiti artist, Christian Guémy, French stencil artist, Denis Meyers, Belgian urban artist, or Charles Leval, aka Levalet, French street art artist.
Une brise légère égrène les heures. Cinq coups à l’horloge de la mission. Blanche et immobile dans ses murs de pisé.
Au loin, la mer bat le rivage à petits coups de langue bavant d’écume. Au rythme de l’horloge. La même musique chaque jour. Depuis si longtemps.
Tant de temps, tant d’espoirs déçus, tant de pleurs. (suite…)
Depuis une heure déjà, la route serpente, flanquée sur ses côtés d’étendues de sable blanchi par la chaleur. J’appuie avec prudence sur l’accélérateur. Ces voitures automatiques ont la fâcheuse habitude de passer les vitesses plus vite qu’on ne le voudrait.
Au bureau de location, j’avais pu suivre toutes les recommandations que rabâchait le loueur à chacun de ses clients. il parlait fort, moulinait l’air de ses deux mains en agitant négligemment les formulaires pliés en éventail. Il faisait chaud déjà. Une pendule à quartz à double cadran affichait: 8 h – 35°.