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Denise CROLLE TERZAGHI, auteur et artiste polyvalente
13 novembre 2013 | Portrait |

Denise-Portrait Genia Ivaschenko

1- Sur votre site, on lit que vous êtes dessinatrice, illustratrice, rédactrice, auteur, animatrice d’ateliers créatifs, et bien plus encore. Comment vous définiriez-vous ?
Ce n’est pas facile, en effet ! Je dirais que je suis à la fois auteur et artiste.
Je n’ai jamais renoncé à mes deux passions : écrire et inventer des choses du bout de mes doigts. J’ai été amenée à choisir l’un ou l’autre, à un moment de ma vie. J’y ai réfléchi et, assez rapidement, j’ai réalisé que je ne pourrais pas renoncer au reste. J’ai horreur de ce qui est routinier. J’aime passer d’un domaine à l’autre. Cela peut paraître – comment dire ? – un peu « papillon », mais je m’y retrouve bien ! Cela me permet de garder la curiosité et l’envie de faire.

2- Vous travaillez avec les États-Unis…
J’ai vécu deux ans à Londres lorsque j’étais ado, et je suis devenue parfaitement bilingue. J’ai d’abord enseigné l’anglais pendant trois ans mais cela ne me ressemblait pas. C’était trop rigide, trop administratif. J’ai alors mis ma maîtrise de la langue au service d’entreprises américaines dans le milieu artistique, des fabricants de peintures et de papiers, et également de magazines.

3- Et également avec la Russie ?
En effet ! J’ai rencontré une Russe lors du Salon de la création au jardin des Tuileries. Il s’agissait d’une exposition de broderie à laquelle je m’étais rendue pour DMC (une entreprise textile alsacienne, ndlr). J’étais la seule à parler anglais sur le stand et j’ai discuté avec cette femme, dont la maman était une grande brodeuse. Elle venait de Moscou. Nous avons sympathisé, avons continué à nous écrire puis, en 1996, je suis allée pour la première fois à sa rencontre, en Russie. C’était un voyage amical, lors duquel j’ai rencontré Olga Sergeeva, qui lançait Seasons, un très beau magazine d’ouvrages haut de gamme. Elle m’a commandé des ouvrages, puis d’autres… j’ai ainsi été publiée dans pas mal de numéros !

4- Ce n’est pas difficile de jongler avec toutes ces activités ?
Ce n’est pas du tout évident, il faut être acharnée ! On peut travailler pour plusieurs clients en même temps puis plus rien. Et on se retrouve dans l’angoisse totale. En tout cas, je suis persuadée que, si je n’avais pas su faire tant de choses, j’aurais disparu peu à peu.

5- Un modèle, une influence, un mentor ?
Dans ma famille, beaucoup de gens pratiquaient le dessin, le bricolage, cultivaient le « savoir-faire ». Mon oncle dessinait. Ma grand-mère faisait du dessin et de la broderie, mon père a créé et fabriqué deux voitures. J’avais aussi un grand-oncle qui écrivait.

6- La rencontre qui vous a marquée ?
Il y en a deux qui ont été déterminantes. La première, c’était dans les années 1980. Je venais de me mettre à mon compte. Avec mes économies de Noël, j’avais acheté du tissu afin de créer une collection textile pour chambre de bébé. Je l’ai présentée lors d’une exposition artisanale et cela a beaucoup plu. J’ai alors décidé de montrer mon travail à Modes et Travaux. C’était le magazine préféré de ma grand-mère ! J’ai ainsi rencontré Dominique Roche, la rédactrice en chef. Elle a diffusé mon travail, m’a commandé régulièrement d’autres ouvrages. Elle m’a également présentée à d’autres journalistes et c’est ainsi que, de fil en aiguille, j’ai travaillé pour pratiquement tous les magazines d’ouvrages féminins parisiens. Je lui en suis restée très reconnaissante. Si je ne l’avais pas rencontrée à ce moment-là de ma vie, je n’en serais sans doute pas là aujourd’hui.

La seconde rencontre marquante de ma carrière, c’est Éric (Éric Zipper, créateur de Baobab, ndlr). C’était en 1996 ou 1997. J’ai, depuis, publié une dizaine de livres sous sa direction.

7- Racontez-nous le travail/projet/mission dont vous êtes la plus fière.
J’avais créé un grand dessin en textile qui est passé à la télé sans que je ne le sache ! C’était à mes débuts et j’avoue que j’avais été assez contente !
Je me souviens aussi de mon premier gros contrat avec la presse. C’était dans les années 1980, pour un hors-série de Modes et Travaux. La journaliste Claudine Litaud – qui compte parmi les personnes importantes dans mon travail – me confiait quasiment les trois quarts du numéro ! J’étais tellement subjuguée par cette commande que je n’ai rien pu faire de toute une journée !

8- Quand vous étiez enfant, vous rêviez d’être…
Je rêvais d’écrire ! J’ai d’ailleurs commencé très jeune, j’avais 8 ans. À l’époque, j’écrivais déjà à quatre ou cinq correspondants réguliers, et participais à des concours de poésie.
Après être revenue d’Angleterre, j’ai hésité entre deux carrières : journaliste ou script dans le cinéma.

9- Définissez-vous en trois mots.
L’exigence. Envers moi-même et envers ceux avec qui je travaille. La ponctualité dans le travail. Et puis l’humour. Sans humour, la vie est bien triste…

10- Vous ne pouvez pas passer une journée sans…
Sans faire quelque chose de mes dix doigts ! Même en vacances, je suis incapable de rester toute la journée sur une chaise longue. Il faut à tout prix que je bouge, que je fasse quelque chose !

11- Avouez-nous une petite manie franchement inavouable.
J’ai la manie de toujours peaufiner les choses. Parfois trop ! Je ne pourrais pas présenter un travail qui ne soit pas abouti. Alors, je le reprends sans arrêt. C’est mon gros défaut, le besoin de perfection.

12- L’objet que vous emportez partout, tout le temps, par tous les temps ?
Ce n’est pas le téléphone portable ! Je l’utilise au minimum, il n’est vraiment pas greffé au bout de mon bras. En revanche, j’emporte partout un papier et un crayon. Pour prendre des notes, pour esquisser un croquis, etc.

13- Votre moyen de transport privilégié ?
Je suis malheureusement obligée de prendre la voiture. Vous savez, le réseau de transports en commun n’est pas très développé en province, ce n’est pas évident de se déplacer lorsque l’on est excentré (je vis au nord de Belfort). Toutefois, je me fais toujours un itinéraire, et regroupe mes courses pour ne pas me rendre à Belfort pour un oui pour un non. Et j’ai aussi récemment remplacé ma voiture qui était trop gourmande pour un modèle plus économique. Et j’en suis tout à fait contente, j’ai finalement choisi une voiture qui me ressemble !

14- Votre geste éco responsable préféré ?
Le tri sélectif. Je le fais tout le temps, et depuis longtemps ! Dans les années 1980, nous avons été les précurseurs dans le village à trier papiers et verres. Dans mon atelier, j’ai toujours un grand sac pour trier, je ne mélange pas tout. C’est un geste automatique. J’évite également de faire couler l’eau pour rien. L’eau, c’est précieux !

Interview bonne humeur et tasse de thé par Aurélie Godin

Portrait : Genia Ivaschenko